Les drivers : qu’est-ce qui me conduit à agir ainsi ?

Quel message avez-vous entendu régulièrement durant votre enfance ?

  • Sois gentille, prête ton jouet.
  • Dépêche-toi ! Le temps c’est de l’argent ! 
  • 18/20… c’est pas encore ça, hein ?
  • Arrête de pleurer. Ce n’est rien.
  • Réessaie. Quand on veut on peut.

Les « drivers », de l’anglais to drive (conduire), sont des messages contraignants et culpabilisants que l’on a reçu enfant et qui nous conduisent à agir de telle ou telle manière.

L’enfant croit que s’il ne répond pas correctement au message reçu, il n’est pas quelqu’un de bien – ou qu’il est défectueux. Pour éviter la désapprobation de ceux qu’il aime et pour ne pas perdre leur amour, il va s’adapter à leurs attentes… mais cela se fera au prix d’une mauvaise image de soi.

Adulte, ce comportement défavorable perdurera jusqu’à ce que l’on en prenne conscience, que l’on modifie la fausse croyance qui nous conduit à agir ainsi et que l’on décide de mettre en place d’autres façons d’être avec les autres.

Le driver peut être transmis explicitement ou implicitement. Il rentre dans l’une des 5 formules ci-dessous. Repérez celle qui vous concerne le plus, puis donnez-vous la permission d’être vous-même !

  1. Le « faire plaisir » est un driver qui me pousse à me nier pour chercher auprès de l’autre l’amour, l’acceptation et l’estime de moi que je rêve d’avoir.
    Je vais donc tout faire pour garder la paix, faire des choses qui ne sont ni de ma responsabilité ni dans mes compétences, permettre aux gens toxiques de revenir dans ma vie, être passive, ne rien dire quand quelque chose me pose problème…
    Réalité : il est possible d’avoir des relations justes avec les autres ET moi-même.
  2. « Fais des efforts » est un driver qui me pousse à l’action, à « faire » pour prouver que je suis quelqu’un de bien, quelqu’un qui a du mérite. Je vais donc me mettre à l’œuvre avec beaucoup d’enthousiasme, mais je vais m’éparpiller, ne pas finir des tâches, et m’épuiser car je fais, je fais, je fais et ce n’est jamais assez.
    Réalité :   J’ai des compétences pour mener au bout CETTE action ET réussir.
  3. Perfectionniste ? Il se peut que vous souffriez du driver « sois parfait ». Cette obligation irréaliste et inatteignable d’être parfaite me permet un travail précis et fiable mais me paralyse en cas d’erreur.
    Réalité : C’est humain de faire des erreurs, d’avoir des limitations. Je peux être quelqu’un de bien ET faire une erreur.
  4. « Dépêche-toi » est un driver qui me pousse à faire des choses vite – mais pas forcément bien – mais si je fais vite alors j’ai « réussi » ! Un driver inculqué depuis l’enfance et renforcé par un monde où les choses doivent être faites pour hier, je suis stimulée par la pression tout en restant calme. Je cumule des choses, je cours à droite et à gauche, je suis toujours pressée et je repousse jusqu’à ce que cela devienne urgent. Je fais passer l’excès d’occupation avant mes proches et mes relations en pâtissent.
    Réalité :   Il est important de différencier « important » et « urgent » ou « occupée » et « productive ».
  5. Le dernier des cinq drivers, c’est « sois fort ». Cela se traduit en cachant mes émotions et mes faiblesses. Parce que je ne peux pas « être », je suis dans le paraître : je parais calme, autosuffisant, rationnel, inébranlable. En réalité, j’ai refoulé mes sentiments, la douleur, ma souffrance pour ne pas déranger.
    Réalité : Je peux être fort ET exprimer mes émotions convenablement.

En prenant conscience de la présence d’un driver ET en restant dans la réalité, il est possible d’agir et d’être autrement. Alors quelle action pouvez-vous mettre en place cette semaine pour sortir de vos habitudes et faire évoluer votre driver ?