Préparer une conversation difficile

Famille autour d'un repas de fête

Noël est un moment très chargé de l’année.  En plus de la fatigue du trimestre, le manque de luminosité, il y a la pression de « faire » Noël selon les traditions ou les habitudes familiales, ce qui peut vite provoquer des frictions et des factions ! 

Et si on pouvait anticiper ?  Et si, en ayant une conversation en amont avec les personnes concernées, il était possible de faire autrement ? Parce que la réalité est telle que si je n’anticipe pas, Noël dernier (et celui d’avant…) risque de se reproduire :  Où le fêtera-t-on ? Et les cadeaux : que pour les enfants ou pour les grands aussi ? Qui paye quoi ?  Et que fait-on de Tonton Dédé qui a tendance à trop boire et saouler les autres ?

En gros, si je ne suis pas satisfaite de la situation, que puis-je mettre en place pour faire la différence.  Sinon est-ce que je suis prête à revivre la même chose ? Il faut avouer : c’est frustrant de revivre la même chose année après année sans rien dire par peur de remuer la barque familiale.  Mais c’est d’autant plus frustrant de voir répéter des schémas sans espoir de changement, de donner sans recevoir dans cette relation ou d’exprimer ses besoins et désirs sans être entendue.  Poursuivre une stratégie qui ne fonctionne pas n’est pas aidant donc voici quelques pistes pour préparer cette conversation difficile.

  • Se fixer un objectif. Que voulez-vous vraiment ?  Est-ce que votre motivation est plutôt sur l’innovation et le désir de vivre quelque chose de nouveau ou est-ce plutôt un désir d’éviter de reproduire un schéma qui ne vous convient plus ? Dans ce cas, quels changements voulez-vous voir chez l’autre, ou dans les arrangements avant de passer du temps ensemble ?  Qu’est-ce qui est acceptable/négociable pour vous ?  Si cette chose est en dehors de votre responsabilité ou votre portée, que pouvez-vous faire ?
    Par exemple, vous ne pouvez pas obliger Tonton Dédé de s’abstenir.
    Néanmoins, vous pouvez formuler une demande qu’il ne se saoule pas et vous êtes en mesure de prévoir un ‘plan B’ au cas où.
  • Parler en ‘je’. Au moment d’exprimer votre désir à l’autre, il est préconisé de parler en ‘’je’.  Par exemple : « Je voudrais te parler de mon projet pour Noël. »  Quand vous parlez en ‘je’, vous vous affirmez et vous faites exister votre volonté : j’aimerais… je te demande de…, je voudrais…, j’ai décidé cette année de… .  Cela ne remet aucunement en question l’avis de l’autre.  D’ailleurs vous pouvez ouvrir la question et demander : « Et toi, qu’est-ce que tu penses faire ? »
    Ce qui est important c’est qu’une fois la conversation terminée, toutes les parties sont au clair avec ce qui a été dit et décidé.
  • Affirmer le lien. Il se peut qu’il n’y ait pas d’hostilités entre vous et les membres de votre famille, c’est juste que cette année vous souhaitez innover, créer, faire autrement.  Puisque votre action n’a pas pour but de rompre le lien, il peut être important d’affirmer le lien et dire à l’autre qu’il compte pour vous.  Par exemple :  « Je t’aime maman, et  ma décision de partir pour Noël ne remet pas en question le lien. Je ne veux pas que mon absence soit ressentie comme un rejet.  Peut-être que je pourrais passer avant de partir et on prendra un café ensemble.  Ça te dirait ? »

On parle de Noël, mais ces stratégies sont valables pour toute conversation difficile – avec un conjoint, avec son patron, avec une amie…

Ce sont des outils transversaux pour préparer la conversation difficile, fixer vos objectifs pour que quand vous quittiez la conversation, vous sachiez que vous avez pu dire ce que vous aviez l’intention de dire, et que l’autre ait entendu et compris.

Et vous, que voulez-vous changer pour passer un Noël agréable cette année ?